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DUMAS & TEL
are two repositories dedicated to research papers and Ph.D Thesis, and created by the technical unit CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe - UMS3668) .

 

 

 
DUMAS
Repository for students' Research Papers (Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance)
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Last Research Paper submitted

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » écrivait François Rabelais en 1532 dans <i>Pantagruel</i>. Aujourd’hui, plus que jamais peut-être ces mots prennent tout leur sens : entre réchauffement climatique, manipulations génétiques, prises de décision algorithmique, numérisation massive des données relatives à la vie intime ou professionnelle, l’humanité se trouve confrontée à des enjeux éthiques qui semblent sans précédents dans l’Histoire. Mais n’est-ce pas là encore une expression due à l’orgueil de la modernité ? Il reste que les sciences paraissent encore demeurer l’apanage des professionnels et de quelques amateurs passionnés ; la majorité semblant n’être pas concernée ou non informée face à ces enjeux pourtant cruciaux de son propre a(d)venir. Le théâtre, parce qu’il met en jeu les corps, les émotions, la relation à soi-même et à l’autre, est une voie idoine pour mettre l’humain en prise avec ces questionnements. Venez alors nous rejoindre dans notre Laboratoire de recherche Théâtre et Science pour ensemble penser l’avenir...

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En 1750 et 1751, une campagne hydrographique est réalisée dans le golfe de Gascogne à la demande du Dépôt des cartes et plans de la Marine. Cette campagne a pour but de vérifier et de corriger des cartes marines déjà publiées de la même région. Pendant la mission, plus de 350 sondes à plomb suiffé sont relevées dans le golfe afin de mesurer la profondeur de l’eau et pour lever des échantillons du fond marin à différents points. En étudiant les diverses archives provenant de cette campagne, la chaîne de production des savoirs hydrographiques en jeu au XVIIIe siècle est exposée et déconstruite. Elle englobe chaque étape dans le processus de construction de cartes marines, de l’émergence d’un besoin aux travaux sur le terrain et à leur utilisation finale. Les archives contiennent également les données hydrographiques brutes récoltées pendant la mission. Une méthodologie pour le traitement et l’analyse de ces données hydrographiques historiques est proposée et détaillée. La chaîne de traitement passe par la transcription des données des sources archivistiques à leur standardisation et classification selon des données de référence. Les données historiques ainsi traitées sont ensuite comparées et analysées par rapport à des données actuelles équivalentes. La méthodologie développée implique l’utilisation d’outils en humanités numériques, surtout pour la visualisation via la mise en carte des données historiques traitées.

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Les réseaux d’adduction d’eau potable de nombreuses villes françaises se sont développés et modernisés à la fin du XIXe siècle. L’histoire de l’administration de l’eau à La Rochelle à cette période permet d’établir les relations entre réalisations techniques, décisions politiques et contraintes économiques liées à la distribution de l’eau dans la ville et ainsi de tracer les grands traits d’un système technique de l’eau.

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Ce travail s'attache à montrer que les années 1940 et 1950 témoignent d'une révolution épistémologique profonde en économie, au moins aussi importante que la "révolution keynésienne". Cette révolution a conduit à l'émergence d'un style de pensée axiomatique. L'intégration de la méthode axiomatique en économie conduit à séparer la structure logique de la théorie de ses interprétations possibles, la monographie de Debreu (1959) constituant le modèle canonique de cette séparation pour la discipline économique. À partir de cette séparation, deux points de vue différents émergent au sein des modèles d'équilibre général : un point de vue économique et un point de vue axiomatique (ou mathématique). À chacun de ces points de vue est liée une logique de développement qui lui est propre. La logique de développement axiomatique pousse à réduire le nombre d'hypothèses ou, du moins, à les affaiblir, afin de proposer des théorèmes les plus généraux possibles. La logique de développement économique, quant à elle, conduit à rechercher des hypothèses réalistes renforçant la pertinence économique du modèle. Cette double logique conduit à une tension permanente dans l'activité théorique de l'économiste. En effet, la généralisation mathématique des théorèmes conduit, dans certains cas, à des interprétations peu conformes avec l'intuition économique ou bien peut contribuer à obscurcir leur signification économique. On perd en compréhension ce que l'on gagne en extension. L'exemple de l'article de 1954 de Kenneth Arrow et Gérard Debreu permet d'illustrer cette tension essentielle du style de pensée axiomatique en économie.

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En 1951, le Docteur Sidney Licht fait publier la première traduction en langue moderne de l’<i>Hygiène</i> (<i>De sanitate tuenda</i> libri VI) rédigé par Galien entre 175 et 190 de notre ère. C’est le docteur Robert Montraville Green, professeur d’anatomie à la Harvard Medical School et gynécologue-obstétricien à la retraite, ayant été formé aux Classiques à la Boston Latin School, qui est chargé de cette traduction. L’historien de la médecine Henry Ernest Sigerist en écrit l’introduction. Ce premier volume s’inscrit dans un programme plus vaste prévoyant la traduction en anglais de vingt autres textes de Galien, qui ne seront pas publiés. Malgré ses limites, cette traduction reste à l’heure actuelle la seule permettant aux non hellénistes et non latinistes d’approcher la pensée de Galien sur les mesures à prendre pour conserver la santé tout au long de la vie et ainsi permettre à chacun de vieillir confortablement. À la lecture de cette oeuvre, on mesure la finesse d’observation et l’actualité de ce grand médecin de l’Antiquité ; la gérontologie moderne, apparue à la fin du XIXe siècle avec l’accroissement de la longévité, a corroboré les observations qu’il avait déjà faites il y a près de deux mille ans.

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La médecine légale est la branche de la médecine ayant pour mission de mettre ses connaissances au service de l’organisation et du fonctionnement du corps social. C’est ainsi que les législateurs, les magistrats et les administrateurs publics font appel à ses lumières ou s’inspirent de ses conseils pour élaborer ou appliquer les lois, ainsi que pour veiller au maintien de la santé publique. Dans une époque où la médecine légale est une discipline « à la mode », popularisée par de nombreuses séries télévisées et romans, il est difficile d’imaginer combien son évolution fut lente et son ascension à l’échelle universitaire difficile. Plusieurs obstacles se dressèrent devant elle, à commencer par le principe d’inviolabilité du corps humain interdisant toute dissection pendant des siècles. En effet, selon l’Église, il était impossible de toucher un corps sans détériorer son âme. Si la médecine légale s’est développée avec une rapidité admirable au cours de ces dernières années c’est parce qu’elle a su profiter de l’évolution des connaissances biologiques, physiques, chimiques, techniques et sociales de notre époque. Comme il est justement spécifié dans l’ouvrage d’Alexandre Lacassagne : « Son évolution a également suivi le développement moral de l’Homme et elle a accompagné celui-ci dans sa mouvance psychique. La moralité d’un peuple s’apprécie par ses idées d’équité et de justice, par l’état de sa législation, de même que sa santé est en rapport avec le perfectionnement de son hygiène ». Il citait également Cicéron : « Voulez-vous connaître l’état d’une République ? Faites-vous rendre compte des jugements que les tribunaux y prononcent ». Je vous propose de suivre, de façon chronologique, l’évolution de la médecine légale afin d’en découvrir ses transformations à travers les âges et l’impact qu’elle joue de nos jours dans les institutions publiques.

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Notre étude débutera à la veille de la guerre jusqu’après les batailles, au retour des patients. Par les sources à notre disposition (Partie 1 Chapitre 1), et dont on constatera également les limites et par un état des lieux, notamment de la population asilaire à la veille de la guerre, nous pourrons marquer la distinction entre deux époques et prendre conscience de l’importance de la première guerre mondiale et de ses conséquences pour l’asile de Prémontré (Partie 1 Chapitre 2). Entre 1914 et 1915, la mortalité des patients a progressé de 373%. La sous-alimentation a été mise en avant comme cause première et l’autorité militaire et administrative allemande comme raison. Mais nous verrons également que la souffrance des patients a pu se cacher dans des décisions prises ou non, par des protagonistes non directement liés aux combats eux-mêmes, et que cette surmortalité n’est pas le fait d’une volonté délibérée (Partie 2 Chapitre 1). La guerre a cessé un jour et l’asile de Prémontré, aujourd’hui EPSMDA2 en activité, a dû être réhabilité pour recevoir à nouveau ses patients évacués, et de nouveaux depuis (Partie 2 Chapitre 2).

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Nous souhaitions, en envisageant ce mémoire, présenter un résumé de la vie et de l’oeuvre du professeur Jean-Martin Charcot premier titulaire d’une chaire de « Clinique des maladies du Système Nerveux » (Neurologie), en relisant quelques biographies, articles et thèses, dont il a fait l’objet. Au-delà des références liées à l’Histoire de la médecine notre souhait était aussi de commenter, sous une forme interrogative, les articles de la presse parisienne au jour et aux lendemains des obsèques du « Maître » pour tenter de considérer la continuité de l’intérêt, ou non, qu’elle portait au personnage de son vivant. Cette presse du 19e siècle qui orchestrait les « bruits » de son époque et qui faisait aussi rapidement les gloires qu’elle les défaisait. Qu’en est-il de la représentation de la vie et de l’oeuvre du professeur Jean-Martin Charcot ? Entre l’hagiographie, le regard « orienté » de ses contemporains et la pitance quotidienne d’une presse opportuniste, nous avons essayé, très modestement et partiellement, de résumer ce que nous apportent certains éléments archivés à ce jour sur la vie d’un homme et sur un destin édifié au fil d’événements parfois fortuits, souvent bien construits, toujours volontaires, destin tout autant fait d’une pugnacité et d’une perspicacité scientifique aiguisée et exemplaire.

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Dans ce travail, nous nous proposons d’étudier les fonctions et les affections de la langue telles qu’elles sont décrites dans le <i>Corpus Hippocraticum</i>. Pour mener à bien notre travail, nous prendrons en considération, d’une part, l’anatomie, la physiologie et la pathologie linguales et, d’autre part, l’étude des symptômes qui, quoique provenant de maladies localisées dans d’autres organes du corps humain, se manifestent pourtant sur la langue. En outre, la comparaison des données établies par les médecins du <i>Corpus Hippocraticum</i> sur la physiologie et la pathologie de la langue avec celles fournies par leurs prédécesseurs permettra de mieux cerner l’apport de la médecine hippocratique dans ce domaine de la stomatologie.

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TEL
Repository for the archiving of Ph.D theses
(Thèses En Ligne)
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Last Ph.D. submitted

Early in the 1960s, the seafloor began to emerge as a new territory, over which imaginaries of limitless natural resources, to be explored and exploited, were projected. The oil industry became a patron for marine geosciences, whereas coastal governments hastened to ground in geophysical data their sovereign claims over underwater regions. This thesis inquiries through which mechanisms the patrons’ motivations to explore the seafloor drove the production of knowledge about it; while it explores how the seafloor emerged as a territory, shaped by concerns and priorities deriving from decolonization. Focusing on France’s oil industry and political stances interested in exploiting marine resources, I analyze the institutional and social mechanisms through which commercial motivations were articulated with marine geosciences. A singular network, weaved by a political elite, grew connecting government instances, extractive industries, and scientific laboratories, creating academic-industrial interplays to explore the seafloor in which trade secrecy dissolved. This research suggests a continuum in practices, infrastructures, and state actors from the decolonization of France’s oil-producing territories to the seafloor, in the quest for new productive grounds. In this context, geological knowledge from the seafloor increasingly became a crucial asset for the French government, which could mobilize it to negotiate international relations and foster national prestige. This thesis conveys that economic motivations to explore the seafloor and the oil industry’s patronage shall not be overlooked in our understanding of the oceans’ history.

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Cette thèse propose une théorie de la fonction biologique qui prend comme point de départ la signification que lui donne la physiologie. La théorie proposée s’appuie sur les principes suivants : (1) la notion de téléologie a deux dimensions qui convient de distinguer, sa dimension téléonomique (la directivité vers un but) d’une part et sa dimension étiologique (l’explication de l’origine par l’effet) d’autre part. (2) La singularité épistémologique des êtres vivants est que leur existence relève d’une double causalité, systémique et métasystémique, correspondant respectivement aux relations causales opérant à l’intérieur du système, et aux causes de l’existence de ces processus systémiques, habituellement dénommées « cause prochaine » et « cause ultime ». (3) L’incomplétude explicative de la causalité systémique rend rationnel le postulat de l’existence de la causalité métasystémique, indépendamment de la nature de celle-ci. La téléonomie inhérente aux systèmes biologiques correspond à la convergence des causalités systémiques et métasystémiques qui définissent la normativité du système étudié. L’attribution d’une fonction à un trait présent dans un tel système consiste à déterminer le rôle causal des propriétés de ce trait dans la réalisation de son état normal. La fonction a alors une valeur explicative systémique et téléonomique forte. Sa valeur explicative étiologique est faible, limitée au postulat de l’existence de la causalité métasystémique et de la contribution des propriétés systémiques à cette causalité. Sa valeur explicative étiologique forte dépend de son incorporation dans une théorie métasystémique, au-delà de la définition de la fonction biologique.

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Cette thèse analyse la division moderne des domaines des sciences de la musique et la hiérarchisation des répertoires musicaux qui lui est corrélative. La recherche s’appuie sur une enquête socio-historique menée à partir du cas français et sur plusieurs sources courant du début du XVIIème au milieu du XXème siècle. Elle mobilise des ressources manuscrites et imprimées (documents administratifs, archives savantes et muséales, actes de congrès et autres imprimés issus des Expositions universelles, archives du secteur de l’édition, pièces documentant la collecte et la conservation d’instruments de musique, de chansons et d’enregistrements sonores) qui sont traitées à l’aide de plusieurs méthodes (analyse lexicale, sociologie des textes, bases de données, ethnographie historique). L’enquête met en lumière une configuration de patrimonialisation de la musique pilotée par l’État-nation français, qui participe d’un processus de longue durée de différenciation du social par la musique. Des opérations de collecte et de conservation des objets de musique sont impulsées par le Second Empire et confortées par la Troisième République. Elles concourent à assigner certains répertoires, portés par des populations vivantes, à une anhistoricité – un en-deçà de l’histoire. Ceux-ci sont distingués d’un répertoire « moderne » dont l’histoire comparée de la musique puis la musicologie s’attachent à décrire les progrès. Ce partage est analysé comme un système de domination symbolique institué par plusieurs administrations (Instruction publique, Commerce et Industrie, Beaux-Arts, Colonies), produit et reproduit par différent·e·s agent·e·s mandaté·e·s par l’État (Professeur·e·s, académicien·ne·s, conservateurs et conservatrices, dirigeant·e·s territoriaux). Les répertoires primitivisés au cours de la seconde moitié du XIXème siècle sont regroupés sous l’appellation générique de « musiques de la tradition » et constitués dans un second temps en objets de prédilection d’un domaine disciplinaire – l’ethnomusicologie – qui émerge entre 1950 et 1960. Considérés comme légitimes durant plusieurs décennies, ces différenciations savantes sont aujourd’hui interrogées par les praticien·ne·s de ces domaines. En historicisant l’émergence du couple oppositionnel primitif/civilisé sous-jacent aux divisions des sciences de la musique et des répertoires musicaux, cette thèse voudrait contribuer à nourrir ces débats contemporains.

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Les travaux patrimoniaux connaissent de multiples déclinaisons : étude en vue d’une candidature, exposition en musée, analyse ethnologique, archéologique, historiographique.. La nature des activités dépend du type de patrimoine considéré, des intentions, de la documentation à disposition, etc. Le plus souvent, des travaux complémentaires s’agrègent, permettant de combiner les points de vue, hypothèses et informations. Les humanités numériques, c’est à dire les activités d’étude, en sciences humaines au sens large, ayant recours à l’informatique calculatoire, se développent depuis les années 60. Les travaux patrimoniaux ne sont pas en reste, mais la quantité et la diversité, voire l’hétérogénéité des informations, combinées aux critères déontologiques du travail patrimonial compliquent le développement d’outillage pertinent. Dans une première partie, une réflexion portant sur les caractéristiques des travaux patrimoniaux et sur les enjeux du travail de modélisation en lien étroit avec la documentation est présentée. A partir de cette analyse, un cahier des charges pour la production d’un outil est établi permettant de faire face aux enjeux prioritaires. L’opposition entre la construction du sens qui entraîne la patrimonialisation, et la rupture du sens inhérente au numérique, est discutée, ainsi que le besoin de transparence dans les pratiques de modélisation. Les critères d’intégrité et d’authenticité des biens patrimoniaux, qui guident en partie nos apports, seront aussi affirmés dans leurs dimensions dynamiques. La mise en application, par le cas d’étude de l’Observatoire du Pic du Midi ainsi que celui de la série des cercles méridiens Gautier, permet de démontrer les propositions et d’en éprouver la pertinence et les limites.

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La valeur d'une analyse logique réside dans sa capacité à résoudre des paradoxes et à comprendre l'origine de nos problèmes conceptuels ; à ce titre, le rôle d'une logique épistémique est de traiter des paradoxes liés au concept de connaissance. On présente généralement la logique épistémique comme une analyse logique de concepts centraux en épistémologie : connaissance, croyance, vérité, justification. Une autre approche sera proposée ici en vue de clarifier ce genre de discours, centrée sur la notion d'assertion et décrite en termes d'énonciation. Parce que les modalités épistémiques expriment des attitudes, c'est l'intentionnalité du discours qui sera mise en valeur dans le cadre d'une logique modale illocutoire. Deux thèses transversales parcourront l'ensemble du travail : les énoncés déclaratifs et épistémiques partagent la même logique (logique assertorique) ; la pluralité des jeux de langages n'implique pas un pluralisme logique.

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Cette thèse vise à éclairer une partie de la généalogie de la médecine clinique et de l'hôpital à travers une institution originale et oubliée : le Conseil Général d'Administration des Hospices Civils de Paris. Voulue par le préfet de la Seine et le ministre de l'Intérieur, cette institution – ancêtre direct de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris – est la première à être en charge de l'ensemble des dispositifs d'assistance de la capitale (hôpitaux, hospices, secours à domicile, enfants abandonnés), et ce de 1801 à 1848. Elle n'a pourtant fait l'objet d'aucun travail académique, alors que les hôpitaux dont elle a la tutelle sont le lieu d'une des périodes les plus fastes – et les plus discutées – de la médecine clinique. Il s'agit donc, dans un premier temps, de combler une lacune historiographique et de replacer l'institution dans son contexte politique et administratif, en faisant apparaître l'un des aspects par lesquels le pouvoir investit la médecine. Les secondes et troisièmes parties traitent ensuite de convergences médico-administratives fondamentales qui permirent à l'hôpital de devenir le lieu de la médecine clinique. L'examen des « conditions de possibilité » de ce processus de « médicalisation » montre l'importance épistémologique de ses dimensions administratives. Au niveau inter-hospitalier (tri des populations, constitution d'établissements spécialisés, etc.) comme intra-hospitalier (normes de pratique, instruments scripturaires, moyens de suivi et de surveillance des malades), médecine clinique et administration s'empruntent mutuellement outils et processus, aboutissant à la co-construction d'un objet commun : l'hôpital de malades.

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Cette thèse comporte trois parties. La première décrit la constitution de l'écriture symbolique mathématique, pour l'essentiel achevée avec la Géométrie de Descartes. Dans la seconde partie, l'auteur examine certains motifs "transcendantaux" de la connaissance organisés par le nouveau système. Enfin, il analyse le rôle de la symbolique nouvelle dans l'invention et la création d'objets. La première partie, "Le système", décrit la naissance du symbolique, entraînant l'organisation de deux registres, combinatoire et signifiant. Tout s'est joué entre 1591 et 1637, c'est à dire entre l'Isagoge de Viète et la Géométrie de Descartes. Après avoir décrit, de Diophante à Cardan les systèmes rudimentaires préalables, grecs puis médiévaux, tel le cossique avec ses apories, l'auteur analyse les six points qui se révélèrent essentiels à cette constitution : la représentation du requis (la ou les inconnues), du donné (avec pour conséquence la "littéralisation" du texte), celle des opérations (par le moyen des assembleurs), des puissances (l'exponentielle cartésienne), de la mise en relation par égalité (tel la 'Boucle'cartésienne), enfin la ponctuation du texte symbolique. Sur trois de ces rubriques, la contribution de Descartes fut décisive. Ainsi, de Viète à Descartes, l'écriture symbolique mathématique s'est constituée, revêtant les aspects principaux de sa structure actuelle. La seconde partie "Symbolique et invention" est d'abord organisée autour de Leibniz et de sa rencontre en 1676 avec l'Epistola Prior de Newton et un lot de questions combinatoires et signifiantes. Le chapitre "Charactéristique et Nouveau Calcul" décrit Leibniz créant son Algorithme fondamental, initialement par le seul "jeu combinatoire" des substitutions, hors de toute signification. Dans "L'Art combinatoire. Substitutions et métamorphoses", le concept s'élargit, parvenant à sa forme moderne : un outil de l'invention mathématique ancrée dans le symbolique. "Formes sans significations" décrit enfin un méta-procédé de construction d'objets à partir de leur "forme", d'abord analysée dans les échanges de 1676 entre Leibniz et Newton, puis dans la création du corps des nombres complexes dénouant l'énigme des "quantités imaginaires" de Bombelli. La méthodologie se compose du choix des "canons électifs" et de la procédure canonique. Quant à l'énoncé du "principe", il est simplement le suivant : "tout objet, toute formule mathématique, apparemment en soi, peut le cas échéant être regardé comme une instance seulement d'un objet ou un canon plus vaste qui le recouvre et le prolonge sur le plan signifiant, cependant que sa forme symbolique reste inchangée". L'auteur examine ensuite diverses réalisations de ce schéma épistémologique, tant chez Euler (exponentielle complexe et "factorielle" neuve) que récentes (distributions de Laurent Schwartz), ainsi qu'un exemple tiré de sa recherche personnelle (quasi-ensembles). L'auteur évoque les problèmes soulevés par la terminologie et propose des solutions. Le discours mathématique quotidien, écrit ou parlé, s'accompagne d'une confusion entre signifiant et combinatoire, ou encore chose et symbole, une distinction qui n'est pas usuellement inscrite, même dans l'écrit, et toujours de cette même façon : c'est le représentant qui est confondu avec le représenté. Une confusion délibérée qui vient s'accomplir dans la complète absence d'une terminologie combinatoire" pour le vocabulaire des mathématiques usuelles et opératoires (livres, manuels, articles), qui fait preuve sur ce point d'une effarante imprécision quant au registre véritablement concerné. Ainsi, de "terme" ou de "membre" (d'une équation), d'"expression", de "couple", ou encore de "formule", qui peut renvoyer indifféremment dans le même texte au contenu (un résultat, le plus souvent universel) mais aussi à la forme (une concaténation de signes). Le vocabulaire usuel des mathématiques suscite ainsi à l'évidence un nombre considérable de semblables situations. Or la division signifiant-signifié paraît indispensable à toute analyse épistémologique, historique, ou didactique. L'auteur s'est donc donné pour tâche de pallier dans un certain nombre de cas le manque de termes spécifiques en provenance du registre combinatoire. Notes : L'ouvrage comporte de nombreuses références, en particulier aux travaux de : Bernoulli, Bombelli, Cajori, Cardan, Diophante, Euclide, Euler, Heath, Newton, Stiefel, Tschirnaus, Viète, Wallis. Il comporte deux types d'index : l'un des auteurs, l'autre des sujets.

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Le projet d'une " théorie générale des systèmes " fut avancé à partir de 1937 par le philosophe et biologiste autrichien Ludwig von Bertalanffy (1901-1972). Une histoire en est entreprise dans la présente thèse, décrivant cette " théorie " comme une science générale de l'interprétation systémique du " réel ", ou " systémologie générale ". L'enquête généalogique ici menée révèle les origines des valeurs et de schèmes conceptuels qui structurèrent le projet bertalanffien, ainsi que la problématique initiale dont il fut issu. Les dynamiques intellectuelles ayant présidé à sa genèse sont ensuite considérées : l'attention est focalisée sur la théorie " perspectiviste " de la connaissance de von Bertalanffy, sur les conséquences qui en découlèrent pour sa philosophie des sciences et son concept de système, et sur ses multiples contributions à la biologie théorique (en particulier à la biologie mathématique). Les premières publications sur la " systémologie générale " sont analysées, et il est rendu compte de la rapide transformation de celle-ci en un projet collectif au milieu des années 1950. Il suscita la création aux États-Unis de la Society for General Systems Research, où convergèrent les diverses composantes d'un " mouvement systémique ". Sont mises en évidence les difficultés des promoteurs de la " systémologie générale " à trouver les voies de son actualisation dans cette société scientifique. Mais il est aussi montré que ce projet a jusqu'aux années 1970 bénéficié de contributions significatives. Un cadre systématique est proposé, qui établit leur complémentarité et leur unité tout en clarifiant la structure et les fonctions de ce qui est nommé ici l'" herméneutique systémologique ".

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La thèse documente la façon dont les sciences du végétal (botanique, agronomie, génétique...) furent mobilisées dans l'entreprise coloniale d'inventaire, de recomposition (transferts de plante) et de mise en ordre productif de la nature tropicale et dans la définition du bon usage de la nature par les experts de la colonisation et du développement.

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Il est bien connu que la fiction, alors qu'elle est distincte de la réalité, entretient avec elle des similitudes importantes. Quant aux contrefactuels, leur rapport à la réalité est lui aussi double : ils renvoient, certes, à des situations irréelles, mais aux situations irréelles les plus similaires µa la réalité. Cette perspective dominante repose cependant sur la notion de similitude, laquelle est non seulement évasive, mais variable. Une analyse plus poussée du rapport entre la fiction et la réalité d'une part, et entre les contrefactuels et la réalité d'autre part, est-elle possible ? Ce travail offre un cadre conceptuel qui permet une approche approfondie de ces rapports, en mettant l'accent sur leur dynamique. En développant, d'abord dans le cas de la psychologie de la fiction, ensuite dans le cas des contrefactuels, une représentation fine de l'état de ce rapport à un instant particulier, et une théorie de son changement, on se donne des outils pour comprendre non seulement les détails du rapport entre la fiction (respectivement les contrefactuels) et la réalité à un moment donné, mais également le développement antérieur qui a mené à la situation où ce rapport, avec ces propriétés, est à l'oeuvre.

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