Restructurations, délocalisations : les nouvelles formes de l'action territoriale

Résumé : Sous la poussée de la mondialisation, les restructurations industrielles ont évolué vers des formes de mutations plus continues des entreprises. Parallèlement les formes d'action de l'Etat ont changé : dans les restructurations " à l'ancienne ", l'Etat, souvent actionnaire, intervenait de façon massive, aussi bien sur le plan industriel que social. Actuellement, son champ d'action s'est rétréci, avec l'émergence de nouveaux espaces de régulation (Europe, OMC, régions..) et la montée en puissance de la régulation par le droit du travail. Dans ce nouveau contexte, l'Etat et ses représentants ne peuvent plus revendiquer de position surplombante, mais il est toujours fait appel à eux dans les situations de crise liées à des restructurations. En outre, plus récemment, les inquiétudes diffuses liées aux délocalisations ont conduit à une résurgence, au moins dans les discours, de l'idée de politique industrielle, discréditée depuis plus de vingt ans au profit de la thématique très européenne de la régulation de la concurrence. L'Etat n'a donc pas disparu du paysage. Mais ses modes d'intervention se sont renouvelés, et d'autres acteurs y sont impliqués. On observe en effet que de nouvelles formes d'action collective s'inventent localement, mêlant acteurs privés et acteurs publics, représentants des collectivités territoriales et de l'Etat, dans des processus singuliers où les profils des personnes, les réseaux plus ou moins informels et les dispositifs de gestion peuvent stimuler de nouvelles formes de coopération et des apprentissages collectifs. Ces formes d'action naissent souvent à l'occasion de crises, stimulées par l'électrochoc que celles-ci constituent pour un territoire. Mais elles peuvent aussi se mettre en place plus "à froid", sous certaines conditions, participant ainsi à un lent et souterrain travail d'"ancrage" des entreprises sur un territoire. C'est à l'analyse concrète de ces actions collectives et des conditions de leur mise en place et de leur développement, sur la base d'enquêtes de terrain, qu'est consacrée cette communication. Deux exemples seront utilisés : l'un concerne une situation de restructuration "à chaud", concernant le secteur de la chaussure, dans le Choletais. L'autre analyse plus "à froid" la situation d'un territoire, la Moselle-est, par rapport à des risques de délocalisation dans la filière automobile. Dans les deux cas, malgré les différences, on retrouvera un certain nombre de caractéristiques communes qui peuvent fournir non pas un recueil de recettes toute faites, car les situations sont éminemment contingentes, à la fois aux territoires, mais aussi aux secteurs industriels concernés, mais un guide pour l'action collective, qui met en évidence les formes possibles d'action, les "objets de gouvernement" auxquels elles s'appliquent et les conditions de leur développement.
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Contributeur : Frédérique Pallez <>
Soumis le : jeudi 24 novembre 2011 - 17:48:42
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Franck Aggeri, Frédérique Pallez. Restructurations, délocalisations : les nouvelles formes de l'action territoriale. La Revue de l'IRES, IRES, 2005, 2005/1 (47), pp.235-256. ⟨hal-00644650⟩

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