Les politiques de promotion sociale en question : conditions d'efficacité et perspectives pour de nouveaux modèles de "carrières positives"

Résumé : La crise de ce qui est couramment appelé l' "ascenseur social" revient régulièrement dans les médias. Elle interroge les politiques de RSE et de manière plus générale les modèles de cohésion sociale des grandes entreprises dans un contexte mêlant crise de l'emploi, allongement des carrières, problématiques d'intensification du travail et de santé. Deux grands types d'institution influent particulièrement sur le devenir professionnel des individus : l'école et l'entreprise. Le rôle de l'entreprise a été traditionnellement suivi à travers l'évolution de la composition de la catégorie des "cadres". En France le terme de "promotion sociale" est resté très associé aux pratiques de promotion interne de cadres. Si des enquêtes de grande envergure décrivent l'évolution d'ensemble et sectorielle de la promotion sociale, elles ne permettent pas de distinguer les mouvements et leurs explications au niveau d'une entreprise dans le temps. Or la compréhension de la composition de facteurs pluriels qui peuvent influer sur les résultats des politiques de promotion sociale est très structurante pour comprendre la capacité des entreprises à les inscrire dans leurs politiques de RSE et de performance économique. L'objectif de notre communication est d'appréhender l'évolution de la promotion sociale au niveau d'une entreprise. Dans quelle mesure et à quelles conditions les entreprises peuvent-elles agir sur la promotion sociale de leurs salariés ? Nous souhaitons ainsi expliquer la manière dont une politique de promotion sociale prend corps ou au contraire est freinée. Afin d'appréhender un phénomène multifactoriel, nous adoptons une démarche de modélisation puis de simulation. Nous élaborons un modèle qui s'appuie sur la théorie des files d'attente et dont le choix des paramètres a été élaboré à partir d'une étude approfondie d'une grande entreprise française. Dans un second temps, nous procédons à des simulations afin de montrer des effets stylisés du phénomène. Un premier résultat est de proposer une modélisation à 4 dimensions (structure hiérarchique de l'entreprise, répartition de la couverture des besoins d'encadrement entre recrutement et promotion, durée des carrières et volume de recrutement au niveau exécutant) et 3 paramètres (les 3 premières dimensions). Les simulations permettent de montrer le fort conditionnement de la réussite d'une politique de promotion sociale par l'espace d'encadrement disponible par rapport au facteur d'allongement de carrière. La compensation d'une éventuelle diminution de la structure d'encadrement par une augmentation de la part de promotions demande d'autant plus d'efforts que le niveau d'encadrement initial est faible. Nos résultats explicitent ainsi les conditions historiques de réussite des politiques de promotion sociale. Ils invitent également à ouvrir un nouvel agenda de recherche autour de modèles de "carrières positives" qui enrichissent et renouvellent les possibilités de mobilité des niveaux d'exécution dans les grandes entreprises.
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Communication dans un congrès
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Contributeur : Sébastien Gand <>
Soumis le : mardi 1 avril 2014 - 13:36:44
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Document(s) archivé(s) le : mardi 1 juillet 2014 - 11:10:13

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Cédric Dalmasso, Sébastien Gand. Les politiques de promotion sociale en question : conditions d'efficacité et perspectives pour de nouveaux modèles de "carrières positives". AIMS, May 2014, Rennes, France. ⟨hal-00968534⟩

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