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Emissions de CO2 contre empreinte carbone : quelles conséquences en termes de politiques énergétiques ?

Résumé : La mondialisation a entrainé un fort accroissement des échanges de marchandises et des flux économiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce cadre de libéralisation des échanges, les entreprises ont adapté leurs stratégies à une concurrence généralisée, entrainant une délocalisation de leurs activités en fonction des coûts de production et de transport. Si les flux économiques internationaux sont identifiables, il en est tout autrement pour les émissions de gaz à effet de serre et notamment de CO_2. De concert avec la délocalisation des industries, les émissions ont été transférées des pays riches vers les économies manufacturières, or les régulations environnementales aujourd’hui en place se basent sur les émissions territoriales. Certains pays voient donc leurs émissions diminuer tandis que les émissions liées à leur consommation augmentent. L’internationalisation annihile donc dans une certaine mesure les effets des législations environnementales contraignantes mises en place dans les pays développés: si une entreprise souhaite polluer, elle délocalisera sa production vers des régions du monde où les contraintes environnementales sont moins fortes, voire inexistantes. Analogues aux "paradis fiscaux", ces lieux où la règlementation environnementale est plus laxiste sont aujourd'hui appelées "havres de pollution". Avec la conférence sur le climat de Paris et l’augmentation importante des régulations environnementales dans le monde, la question de la redistribution des émissions entre producteurs et consommateurs doit être envisagée. Or, pour prendre en compte l'impact carbone de la consommation d'un bien il est nécessaire de considérer le cycle de vie entier du produit: de la production à sa destruction en passant par sa commercialisation. Des modèles de comptabilisation internationale se développent tentant de capturer l’ensemble des échanges de biens et services mais peinent à converger vers des résultats identiques. Dans ce papier ces différents outils sont présentés et une attention particulière est portée au modèle Multi-Region Input-Output. Dans la lignée de cette méthode, une analyse par optimisation linéaire a été menée sur une économie comprenant 3 régions avec des propriétés de consommation, de production et de contraintes environnementales hétérogènes. L’étude porte plus particulièrement sur l’influence sur différents paramètres des pays (PIB, exportations, importations, émissions…) de l’asymétrie d’un seuil maximum d’émissions et de l’attribution du CO2 au consommateur plutôt qu’au producteur.
Liste complète des métadonnées

https://hal-mines-paristech.archives-ouvertes.fr/hal-01147344
Contributeur : Magalie Prudon <>
Soumis le : jeudi 30 avril 2015 - 10:41:27
Dernière modification le : samedi 19 septembre 2020 - 04:30:00

Identifiants

  • HAL Id : hal-01147344, version 1

Citation

Aurélien Havel, Laura Barbier. Emissions de CO2 contre empreinte carbone : quelles conséquences en termes de politiques énergétiques ?. Revue de l'Energie, 2015, mars-avril, pp.125-137. ⟨hal-01147344⟩

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