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Muséifier le vivant

Abstract : Un objet qui entre dans un musée s’en trouve inévitablement transformé. L’entrée dans la sphère muséale implique différentes traductions et pratiques : une volonté de mise en scène et de démonstration, de neutralité objective, de transmission de connaissances, de valorisation patrimoniale. Cette opération se révèle encore plus délicate lorsqu’il s’agit du vivant. Le vivant pose des contraintes spécifiques d’exposition : éclairage, température, travail de préparation en amont, classification. Dans ces circonstances, quelles sont alors les pratiques, principes et techniques pour muséifier le vivant ? Pour apporter des éléments de réponses, il convient d’abord de se pencher sur les caractéristiques du vivant et les différentes approches que le musée peut en avoir. Nous verrons ensuite comment les contraintes d’exposition qui lui sont spécifiques sont abordées, via une transformation des êtres vivants en artefacts. Une dernière partie sera consacrée à l’exposition des êtres vivants : comment les dioramas et le multimédia parviennent-ils à redonner une impression de vie ? Ces trois parties – « intéresser », « transformer » et « exposer » – feront aussi apparaître les principales continuités et discontinuités dans l’histoire des musées. Si la muséification du vivant s’est toujours faite dans une optique à la fois épistémique et politique, force est de constater que les musées se sont transformés et diversifiés au niveau de leurs contenus, de leurs missions et de leurs techniques de mise en scène. La muséification d’organismes vivants pose un paradoxe intéressant. Comment faire entrer la nature – quelque chose de « sauvage », qui est dynamique et qui se reproduit – dans une institution culturelle qui, au contraire, vise à stabiliser, ordonner, classifier, stocker, confiner et contrôler ? À travers cette muséification, s’opère une triple transformation : le vivant est dénaturé et décontextualisé, puis renaturalisé et classifié, tout en devenant un être social et institutionnel. Au musée, le vivant n’est donc plus visible à l’état brut, mais il passe à travers une transformation à la fois physique et conceptuelle. Les objets naturalisés ne sont plus sauvages et étranges, mais font partie d’une classification, d’un système, d’une institution et deviennent, par conséquent, des objets culturels.
Liste complète des métadonnées

https://hal-mines-paristech.archives-ouvertes.fr/hal-02317969
Contributeur : Morgan Meyer <>
Soumis le : mercredi 16 octobre 2019 - 15:02:04
Dernière modification le : jeudi 24 septembre 2020 - 17:00:28

Identifiants

  • HAL Id : hal-02317969, version 1

Citation

Marlène Baudet, Morgan Meyer. Muséifier le vivant. Techniques & culture, Paris: Maison des sciences de l'homme, 2019. ⟨hal-02317969⟩

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